Société
Elle est morte et on détourne encore la conversation
Le whataboutisme, ce n'est pas nuancer une conversation et encore moins « voir les deux côtés ». C'est détourner l'attention d'une réalité dérangeante.

Le whataboutisme, ce n'est pas nuancer une conversation et encore moins "voir les deux côtés". C'est détourner l'attention d'une réalité dérangeante pour éviter de la regarder en face.
Quand une femme parle de violence et qu'on lui répond :
- « Oui mais les hommes aussi vivent de la violence. » - « Oui mais elle l'a peut-être poussé à bout. » - « Oui mais on ne connaît pas toute l'histoire. » - « Oui mais les faux témoignages existent. » - « Oui mais des hommes se suicident à cause des femmes aussi. »
Et bien, là, la conversation change immédiatement. On ne parle plus de la violence qu'elle a vécue. Non! On change la conversation pour arrêter de parler de la victime. On commence à chercher comment déplacer le malaise ailleurs. C'est exactement ça, le problème.
À force de toujours détourner la discussion, on finit par banaliser des réalités extrêmement graves. On en vient à transformer des actes de violence en "débat d'opinions". On arrive même parfois par faire porter à la victime une partie de la responsabilité de ce qu'elle a subi. Ça n'a AUCUN BON SENS!
Dire qu'un homme était "à bout" pour expliquer un féminicide, ce n'est pas de l'empathie. J'espère que ça c'est enfin clair! C'est présenter la violence comme une réaction compréhensible. Pourtant, des milliers de personnes vivent de la détresse, des séparations, du rejet, des crises profondes… sans tuer personne. Un féminicide n'est pas une perte de contrôle romantisée. Ce n'est pas un "drame passionnel". C'est un acte de violence, un acte de domination et surtout c'est un choix.
Pendant qu'on détourne constamment la conversation vers des "oui mais…", des femmes continuent de mourir. Et le plus triste dans tout ça, c'est que des victimes continuent de se taire. Des survivantes continuent de lire des commentaires qui ressemblent exactement aux justifications utilisées par leurs agresseurs. Vous trouvez ça normal?
Le whataboutisme ne protège pas les victimes. Il protège surtout le confort de ceux qui refusent d'être confrontés à certaines réalités. Écouter une victime ne retire rien aux autres souffrances, cependant, détourner systématiquement la conversation empêche toute réelle prise de conscience.
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L'auteur·e
Catherine Côté
Fondatrice et animatrice de Traumas Podcast, Catherine Côté est passionnée par les histoires humaines, la résilience et les enjeux de société.
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