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Justice

Le traitement réservé à Carter Hart soulève un malaise énorme dans la LNH

Un acquittement judiciaire devrait-il mettre un terme à toute remise en question publique? Le droit et la morale ne parlent pas toujours le même langage. Un verdict n'est pas un interrupteur.

Charles Lamothe
Le traitement réservé à Carter Hart soulève un malaise énorme dans la LNH

En fin de semaine, je suis tombé sur un article sportif qui m'a donné mal au cœur. Non pas à cause du sujet abordé, mais à cause de la façon dont on a choisi de le traiter. Dans cet article, l'auteur défend l'idée qu'un acquittement judiciaire devrait mettre un terme à toute remise en question publique entourant Carter Hart, allant même jusqu'à présenter les réactions persistantes des partisans de la Caroline, comme une menace pour notre système de justice. Rappelons qu'il est question ici de l'un des cinq anciens joueurs de l'Équipe Canada junior 2018 qui ont été accusés dans une affaire d'agression sexuelle hautement médiatisée, avant d'être acquittés par les tribunaux à l'été 2025.

Les faits, ont été de toute évidence, relayés au banc des pénalités pour faire place à un ramassis d'émotion que l'auteur a essayé de nous enfoncer dans le fond de la gorge, avant même d'avoir eu le temps de réfléchir. Tout était, selon ses dire : « troublant », « inquiétant », « dérangeant » ou « dangereux ». Je tiens à rappeler, que c'est tout à fait légitime qu'un chroniqueur nous propose son interprétation d'une situation particulière, mais quand ton seul et unique argumentaire est l'intransigeance, on se rend vite compte du vide absolu de l'auteur. L'article en question est : « Le traitement réservé à Carter Hart soulève un malaise énorme dans la LNH ». Un texte avec une complète absence de nuance, publié par Hockey30. La phrase qui m'a littéralement fait sursauter est la suivante : « Lorsqu'une personne est acquittée devant les tribunaux, cela signifie qu'elle n'est pas reconnue coupable. Point final. ». Le « Point final » est justement là où le débat commence. Le point final existe devant les tribunaux, mais pas dans la réflexion collective. Dans une société libre, un acquittement doit être respecté. C'est le fondement même de notre système de justice. Je ne remets pas cela en question. Le rôle des tribunaux est de déterminer si une faute criminelle a été prouvée selon les règles du droit. Ils ne sont pas chargés de répondre à toutes les questions morales ou éthiques qu'une situation peut soulever dans l'esprit du public.

Ce n'est pas parce qu'un comportement ne mène pas à une condamnation criminelle, qu'il devient automatiquement exemplaire et sans conséquence sur le plan moral. Le droit et la morale ne parlent pas toujours le même langage. Un verdict n'est pas un interrupteur. Il n'éteint pas les valeurs que nous souhaitons promouvoir collectivement. La prémisse de l'auteur est pourtant la suivante : si tu n'es pas reconnu coupable par le tribunal, on efface tout et tu es un modèle pour tes semblables et tes pairs. Il ose nous faire la morale, en promouvant l'obligation de suspendre indéfiniment notre jugement critique. Euh…non, ça ne s'arrête pas là! C'est tout à fait légitime de continuer dans parler et de trouver ça dégueulasse. Je refuse de cautionner cette action.

L'auteur·e

Charles Lamothe

Charles Lamothe est chroniqueur et directeur des partenariats chez Traumas Podcast. Passionné par l'actualité, la justice et les réalités humaines qui marquent notre époque.

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