Société
Quand l'État accepte le sexisme
En 2026, au Québec, apprendre qu'un citoyen peut encore refuser d'être servi par une femme dans un service public pour des motifs religieux donne un coup au ventre.

En 2026, au Québec, apprendre qu'un citoyen peut encore refuser d'être servi par une femme dans un service public pour des motifs religieux donne un coup au ventre. Pas parce que le débat est nouveau, mais parce qu'il aurait dû être réglé depuis longtemps.
Nous sommes une société laïque. Ce n'est pas un slogan. C'est un choix collectif. Un choix bâti sur des décennies de luttes pour sortir la religion des décisions de l'État. Pour protéger l'ÉGALITÉ.
Et pourtant.
Pendant des années, la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a permis qu'un homme refuse d'être évalué par une employée femme. Pas parce qu'elle était incompétente. Pas parce qu'il y avait un enjeu de sécurité. Mais parce qu'elle était une femme.
Comment est-ce encore possible?
APPELONS LES CHOSES PAR LEUR NOM Ce n'est pas un accommodement neutre. Ce n'est pas une simple adaptation logistique. C'est une validation institutionnelle d'un principe sexiste. Si on accepte qu'un citoyen refuse une femme au comptoir alors posons la question jusqu'au bout :
Accepterait-on qu'un usager exige un employé blanc uniquement? Qu'une personne refuse d'être servie par quelqu'un d'homosexuel pour des motifs religieux? Qu'un homme exige qu'une femme se taise et passe son dossier à un collègue masculin?
La réponse est évidente. N-O-N ! Ce serait jugé scandaleux! Discriminatoire! Illégal! Alors pourquoi quand il s'agit des femmes cela devient soudainement « complexe »?
LA LAÏCITÉ N'EST PAS NÉGOCIABLE SELON LE SEXE La Loi sur la laïcité de l'État repose sur un principe clair : l'ÉGALITÉ. Pas une égalité conditionnelle. Pas une égalité modulable selon les croyances de chacun. Une égalité pleine et entière. Quand l'État accepte qu'une femme soit écartée parce qu'elle est une femme, il envoie un message clair à ses propres employées : Votre autorité est conditionnelle. Votre légitimité est discutable. Votre sexe peut vous disqualifier.
Ce n'est pas anodin. C'est violent symboliquement. Et c'est profondément injuste.
LE « GROS BON SENS » Le Québec n'est pas contre la religion, mais la religion ne dicte pas les règles de l'État. Quand tu entres dans un service public, tu entres dans un espace commun. Tu n'y choisis pas le sexe, la couleur, la croyance ou l'identité de la personne qui te sert. C'est ça vivre ensemble! C'est ça l'égalité. C'est ça la laïcité.
En 2026, refuser une femme parce qu'elle est une femme ne devrait jamais être administrable. Peu importe la raison invoquée.
Je suis sans mot devant cette réalité qui est discriminatoire, sexiste et violente.
Aujourd'hui, je mets mon Québec en berne.
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L'auteur·e
Catherine Côté
Fondatrice et animatrice de Traumas Podcast, Catherine Côté est passionnée par les histoires humaines, la résilience et les enjeux de société.
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