← À lire

Société

3 femmes sur 4 ne portent pas plainte… voilà pourquoi!

74 % des femmes victimes de violence conjugale au Québec ne signalent pas les actes subis à la police. Ce chiffre n'est pas une statistique, c'est un cri d'alarme.

Catherine Côté
3 femmes sur 4 ne portent pas plainte… voilà pourquoi!

74 % des femmes victimes de violence conjugale au Québec ne signalent pas les actes subis à la police. Soixante-quatorze pour cent… Vous rendez-vous compte! Ce chiffre n'est pas une statistique, c'est un cri d'alarme.

Menaces de mort, violence physique, violence sexuelle, contrôle coercitif, violence psychologique…. On ne parle pas de conflits, on parle de violence criminelle. Et malgré ça, trois femmes sur quatre choisissent le silence. Pas parce qu'elles mentent, pas parce qu'elles exagèrent, pas parce qu'elles aiment ça, mais parce qu'elles ont PEUR.

Peur de ne pas être crues. Peur des représailles. Peur que la situation empire. Peur que le système, censé les protéger, devienne une nouvelle source de danger.

Et après, on se demande encore pourquoi elles ne parlent pas, mais on parle trop peu de ce qui arrive quand elles parlent.

J'ai créé Traumas Podcast pour donner une voix aux survivantes. Lorsque j'ai abordé le sujet de la violence conjugale, quelque chose m'a frappée de plein fouet. Le taux de commentaires agressifs, de menaces, de propos violents a explosé comme je ne l'avais jamais vu auparavant. J'ai dû supprimer, bloquer et signaler des commentaires haineux qui diminuaient les femmes, qui justifiaient la violence et qui laissaient entendre que le féminicide pouvait être compréhensible. Des gens ont écrit : « La femme devait l'avoir cherché. »

Et pour être honnête, moi aussi, j'ai eu peur. Même très peur! Peur de reparler de violence conjugale, peur pour ma sécurité et peur du climat que ça révélait.

Alors, quand je lis aujourd'hui que trois femmes sur quatre ne dénoncent pas, ça ne me surprend pas. Malheureusement, je le comprends. Parce que ce climat, je l'ai vu, je l'ai senti et je l'ai vécu. La violence conjugale, ce ne sont pas toujours des coups visibles. C'est un climat insidieux, toxique, dangereux, terrifiant, mais surtout, silencieux. Un climat où les victimes s'assurent que rien ne paraisse. Où elles craignent que leur monde s'écroule si quelqu'un pose trop de questions. Souvent, même les proches sentent qu'il y a quelque chose qui ne va pas… mais n'osent pas en parler. Par peur de se tromper, de déranger ou de provoquer, personne n'aborde le sujet.

À l'approche des fêtes, restez ouvert aux signaux d'alarme. Prenez le temps d'observer sans jugement, si vous sentez qu'une personne autour de vous pourrait avoir besoin d'aide. Je vous en supplie, ne l'interpellez pas devant tout le monde. Trouvez un moment en privé, pour s'assurer de sa sécurité. Une chose est essentielle à comprendre : quand la personne retourne à la maison, c'est elle qui est en danger, pas vous.

Il manque beaucoup d'éducation collective sur la violence conjugale. Mais les chiffres sont là, et ils sont surtout, très alarmants! Ils nous disent clairement que quelque chose ne va pas.

Je vous invite aussi à écouter l'épisode 6 de Traumas Podcast : « Pas une de plus » avec Nathalie Trottier, survivante et militante contre la violence conjugale. Son message est important et elle nous partage les signaux d'alarmes à prendre conscience, pour aider une personne à sortir de la violence conjugale.

Lien de l'épisode : https://www.youtube.com/watch?v=6dFZSV8rtr0&t=518s

Je tiens à le nommer aussi : oui, il existe des hommes victimes de violence conjugale. Leur silence est encore plus tabou. Eux aussi méritent écoute, protection et ressources. Mais peu importe le genre, la conclusion reste la même. Ça prend une société unie pour briser le silence. Ça prend moins de jugements et plus de courage collectif. Ça prend des espaces sécuritaires pour parler. Et par-dessus tout, ça prend une reconnaissance claire que le problème n'est pas le silence des victimes, mais la violence qu'elles risquent en parlant.

Si cet article vous a touché·e, partagez-le. Chaque partage aide à briser le silence.

L'auteur·e

Catherine Côté

Fondatrice et animatrice de Traumas Podcast, Catherine Côté est passionnée par les histoires humaines, la résilience et les enjeux de société.

Voir tous ses articles →